L’hégémonisme des États-Unis repose en définitive plus sur la surdimension de leur puissance militaire que sur les « avantages » de leur système économique. Ils peuvent donc se poser en leader incontesté de la triade en faisant de leur puissance militaire le « poing visible » chargé d’imposer l’ordre impérialiste nouveau aux récalcitrants éventuels.
Encouragée par ces succès l’extrême droite américaine est parvenue à prendre les rênes du pouvoir à Washington. Désormais le choix est clair : accepter l’hégémonisme des États-Unis et le virus libéral renforcé, réduit alors au principe exclusif « faire de l’argent » (make money), ou rejeter l’un et l’autre. La première alternative donne à Washington la responsabilité majeure pour « refaçonner » le monde à l’image du Texas. La seconde est la seule qui puisse contribuer à reconstruire un monde pluriel, démocratique et pacifié.
S’ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien. En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.
L’idéologie américaine se réduit dans son contenu essentiel à un libéralisme (économique) sans partage, produit par un « consensus » que l’absence de conscience politique des classes dominées (que j’ai expliquée par l’histoire de la formation sociale américaine retracée plus haut) n’a pas permis d’entamer suffisamment sérieusement. Cette idéologie – très pauvre – se cache derrière un discours fondamentaliste para religieux. Vient ensuite l’emballage de la marchandise dans une rhétorique insipide concernant la « démocratie ». Que la classe dirigeante peut alors manipuler sans vergogne, avec une quasi-certitude de succès au-près de l’opinion niaise qu’elle façonne. Entendre dire que « l’opinion publique » pè-se aux États-Unis d’un poids lourd – voire même décisif – dans la prise de décision – ce que tous les « pro américains » répètent, derrière les libéraux comme les conservateurs américains – devrait faire sourire. Il existe peu de cas au monde où l’opinion est autant fabriquée qu’aux États-Unis. L’emballage dans une rhétorique insipide de la démocratie n’engage que ceux qui sont assez naïfs (ou ont intérêt à se faire passer pour tels) pour y croire.
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